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    Recrutement : l'importance de l'intelligence émotionnelle

    Depuis la crise sanitaire, les travailleurs ont dû faire face à de nombreux changements qui ont pu générer du stress et de l'incertitude. Tout le monde a dû s’adapter notamment au télétravail qui, malgré ses avantages, a fait naître un sentiment d’isolement chez certains. 

    On constate que les personnes dotées d’une forte intelligence émotionnelle s'adapte mieux face à ces changements. C’est pour cette raison que les recruteurs en font actuellement un critère de recrutement important. La capacité à gérer les émotions est indispensable en entreprise, surtout en cas de crise ! Vous trouverez dans cet article ce qu’il faut savoir sur cette compétence humaine devenue essentielle.

    La définition de l’intelligence émotionnelle

    C’est Daniel Goleman, un psychologue originaire de Stockton en Californie, qui a mis la lumière sur l’existence de l'intelligence émotionnelle, que l’on appelle également quotient émotionnel ou QE. Le spécialiste a même des livres sur le sujet, pour ne citer que “L'intelligence émotionnelle : comment transformer ses émotions en intelligence” et “Cultiver l'intelligence relationnelle : comprendre et maîtriser notre relation aux autres pour vivre mieux”. Ce qui fait de lui un auteur à succès !

    À la différence du quotient intellectuel ou QE, cette forme d’intelligence n’est donc pas basée sur la logique mathématique et verbale. Il s’agit plutôt de la capacité à percevoir, à exprimer et à intégrer les émotions afin de les comprendre et de les maîtriser. Cela permet de comprendre ensuite les autres et de mieux interagir avec eux. En clair, l’intelligence émotionnelle aide à mieux gérer ses propres émotions et rend plus empathique.

    Selon Goleman, l’intelligence émotionnelle repose sur cinq qualités humaines. Trois d’entre elles correspondent au « soi vers soi » et les deux autres qualités sont axées au « soi vers l’autre ». Il s’agit de :

    1. La conscience de soi

    La conscience de soi se définit comme être à l’écoute de ses propres ressentis et de son intuition. Elle permet de reconnaître et de comprendre ses propres émotions, ses propres humeurs et ses propres moteurs internes. Cela aide à mesurer leurs répercussions sur soi-même et sur autrui.

    2. La maîtrise de soi

    La maîtrise de soi ou l’autorégulation est la capacité à contrôler les réactions à ses propres émotions et ses propres impulsions. Par exemple, les propos et les gestes que l’on adopte dans la colère peuvent être lourds de conséquences. Il est donc important de maîtriser cette colère pour éviter de créer des dégâts pouvant être irréparables. De même, la peur peut faire rater de nombreuses occasions si elle n’est pas surmontée.

    3. La motivation interne

    C’est la capacité à garder la motivation et à rester positif malgré le changement et l’incertitude. Il faut de la résilience pour y parvenir. Il ne s’agit ni d’attendre que tout redevienne comme avant (ce qui n’arrivera probablement jamais !) ni de subir la situation jusqu’à ce que le « normal » revienne. Il est question d’accepter le changement et de trouver un moyen de s’y adapter. En dépit de la difficulté que cela implique, il faut trouver au moins une bonne raison de nourrir son propre enthousiasme. Ce peut tout simplement être la satisfaction de pouvoir relever un aussi grand défi.

    4. L’empathie

    L’empathie est la capacité de s’identifier aux autres dans ce qu’ils ressentent. Elle permet de se mettre à la place d’autrui et de comprendre ses émotions. Une personne empathique s’enrichit de son entourage en l’aidant. Pour ce faire, il possède un sens de l’écoute bien développé et ne porte jamais de jugements hâtifs.

    5. Les aptitudes sociales

    L’interaction sociale est le dernier point qui constitue l’intelligence émotionnelle. Il s’agit de se rendre compte de ses propres atouts pour construire des relations saines, solides et épanouissantes avec les autres. Il s’agit aussi de reconnaître les qualités des autres et de les aider à se rendre compte de leurs défauts pour qu’ils puissent travailler dessus. On parle aussi de la capacité à recevoir les critiques et les suggestions des autres et à les utiliser pour s’améliorer.

    Pourquoi s'intéresser à l’intelligence émotionnelle en entreprise ?

     

    importante de l'intelligence émotionnelle en entreprise

    Si les RH sont devenus friands du quotient émotionnel (sans laisser de côté le QI), c’est parce qu’il permet de créer un environnement de travail positif.

    L’intelligence émotionnelle et le bien-être du personnel


    L’intelligence émotionnelle joue un rôle clé dans l’épanouissement de tous les collaborateurs sans exception. Lorsque tout le monde sait gérer ses émotions et prend la peine de comprendre les autres, le bien-être collectif s’installe automatiquement. Le QE améliore les rapports sociaux au sein de l’entreprise de façon remarquable. C’est une arme de taille pour lutter contre le stress et les conflits au travail. Cette faculté humaine protège les collaborateurs des maladies professionnelles telles que le burn-out.

    L’intelligence émotionnelle et la capacité à résoudre des problèmes

    Les salariés montrant une grande intelligence émotionnelle savent garder le sang froid dans toutes les circonstances. Ils restent calmes et positifs dans les situations stressantes. Ce qui signifie qu’ils ont encore toutes leurs facultés pour trouver les bonnes solutions. Ils sont résilients et s’adaptent vite aux changements au lieu de s’apitoyer sur leur sort. Ainsi, ils sont plus ouverts aux innovations et c’est un grand atout pour l’entreprise et toutes les équipes en général.

    L’intelligence émotionnelle et la qualité du travail d’équipe

    Il est évident que l’intelligence émotionnelle facilite le travail en équipe. Elle améliore les liens professionnels et rend l’ambiance au travail plus détendue, plus humaine. Par extension, ce nouveau critère de recrutement booste les performances de chaque employé. Si tout le monde parvient à maîtriser ses émotions et à comprendre celles des autres, tout est réuni pour une collaboration harmonieuse.

    L’intelligence émotionnelle et l’entraide au travail

    Les individus qui comptent l’intelligence émotionnelle parmi leurs compétences savent écouter les autres. Ils sont également capables de reconnaître les atouts ainsi que les faiblesses des autres et de proposer des critiques constructives. Mais avant tout, ils sont capables d’identifier leurs propres qualités et défauts. Surtout, ils reçoivent les critiques avec l’esprit ouvert sans se mettre sur la défensive. Cet aspect de l’intelligence émotionnelle favorise l’entraide au travail.

    L’intelligence émotionnelle et le développement de l’entreprise

    Une personne avec un QE élevé a plus de facilité à avancer brillamment dans sa carrière professionnelle. Et cette réussite individuelle profite également à l’entreprise et à son développement. C’est en grande partie pour cette raison que les recruteurs la cherchent chez les candidats depuis un moment, quels que soient les postes à pourvoir.

    Comment évaluer l’intelligence émotionnelle d’un candidat ?

    L’intelligence émotionnelle permet d’abord de s’épanouir individuellement. Ensuite, elle renforce la cohésion d’équipe en améliorant la qualité des interactions entre collègues. Pour finir, elle permet à l’entreprise de se développer dans de bonnes conditions. Des études ont même démontré que les cadres avec un QI correct et un excellent QE sont plus efficaces que ceux qui ont un QI élevé et un QE médiocre. Cela vaut pour tous les employés.

    Voilà pourquoi un recruteur doit s’assurer que le candidat idéal dispose d’un bon niveau d’intelligence émotionnelle. Il existe deux façons d’évaluer correctement le QE des candidats lors du processus de recrutement :

    Les mises en situation

    En tant que recruteur, vous pouvez faire passer un entretien physique aux talents présélectionnés. Cette technique de recrutement consiste à effectuer des mises en situation dans le but d’analyser les réactions. Dans ce cas, il faut quand même détenir de bonnes bases en psychologie pour réussir à définir le véritable niveau d’intelligence émotionnelle de chaque candidat. L’entretien comportemental permet aussi de mieux évaluer le QE d’un postulant.

    Un test de QE

    Il est également possible d’intégrer un test de quotient émotionnel dans le processus et débriefer ensuite les candidats lors de l’entretien d’embauche. Vous pouvez notamment vous inspirer du test mis au point par le psychologue australien, Nicolas S. Schutte. Il permet de mesurer la capacité d’une personne à tirer le meilleur parti de ses émotions. Pour cela, il faut voir les 6 points suivants :

    • La reconnaissance de ses propres émotions ;
    • La compréhension des émotions d’autrui ;
    • La capacité à exprimer ses propres émotions ;
    • La gestion de ses propres émotions ;
    • Le contrôle de l’impact de ses propres émotions sur autrui ;
    • L’aptitude à utiliser les émotions pour résoudre des problèmes.

    Ce test de QE comprend de nombreuses questions permettant d’évaluer chacun de ces points. En pratique, le recruteur demande au candidat de répondre de façon intuitive à chaque question en choisissant parmi quatre options : tout à fait vrai, plutôt vrai, plutôt faux, tout à fait faux.

     

    CONCLUSION

    L’intelligence émotionnelle est devenue un critère de recrutement essentiel puisqu’elle signifie que le candidat a toutes ses chances de s’épanouir au sein de l’entreprise et de contribuer au développement de celle-ci. Également appelée le quotient émotionnel ou QE, cette faculté vient compléter le QI qui reste le critère de base de tout recrutement. Elle englobe la conscience de soi, la maîtrise de soi, la motivation interne, l’empathie et les aptitudes sociales. Pour l’évaluer, il est possible de proposer des mises en situation en entretien, organiser un entretien comportemental et/ou élaborer un test de QE.